Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 00:09

 

pantouflesIls se prennent pour des "grands reporters". Des limiers hors pair. Sans jamais sortir de chez eux !
Pas question de mouiller leurs plumes dans les courants tumultueux d'affaires louches, pas plus que d'affronter de glauques cerbères. Bien trop pleutres pour ça !
Affabulateurs, mythomanes, aigris, ils sont la honte d'un prétendu cyber-journalisme d'investigation.
Une imposture qui évite soigneusement d'aller au contact de la réalité. D'ailleurs, si la réalité n'est pas conforme à leurs lubies, c'est la réalité qui se trompe ! 
Ils n'ont de la gueule que contre les debaters adverses qu'ils insultent avant de les effacer. Grâce à la complicité de modérateurs incapables de modérer leurs mauvais penchants.

Nos reporters numériques sont d'abord des archivistes compulsifs.
Courageusement planqués derrière un alias ridicule et un ordi saturé de petites fiches, ils prétendent embrasser la complexité de la géopolitique planétaire. En découvrir les turpitudes que, eux seuls, seraient capables de débusquer. Et révéler les secrets de la marche du monde à leurs admirateurs éblouis. En général des dévots incultes formant les gros bataillons  des suiveurs dociles, des laquais sardoniques et des cire-bottes empressés.

Ces manipulateurs avérés, souvent formés à l'école du trotszkysme militant, dénoncent les manipulations des autres. Un comble ! Mais comment asseoir autrement un semblant de légitimité ?
Leurs méthodes de travail sont de l'anti-journalisme à l'état pur. Au lieu d'observer, de décrire, de poser des questions et de révéler éventuellement des mensonges, des omissions ou des manigances, en présentant des preuves matérielles solides ou au moins des témoignages crédibles, ils font le trajet exactement inverse.

Comme les charlatans du paranormal, ils partent d'une idée préconçue qu'ils tiennent pour une vérité irréfragable. Puis ils cherchent sur le web (surtout pas dans la réalité !) tous les sites partisans, fantaisistes ou loufoques truffés de rumeurs, de fakes et de hoax.
Ces filons regorgent de preuves recevables dès lors qu'elles abondent dans leur sens. Au besoin en les triturant. En les malaxant. Et en les dénaturant.
Cela constitue à la fois l'ossature de leurs soi-disant enquêtes et la validation de leurs élucubrations. Des développements surréalistes mixant une logique binaire à des démonstrations manichéennes assorties de prétentions extravagantes. Où s'expriment sans retenue leur paranoïa, leurs obsessions et leur complotisme aigu.
La palme d'or revient à un petit retraité incrusté dans un site emblématique qui essaie de faire croire qu'il aurait accès aux sources les plus secrètes de la DEA, de la CIA et de la NSA, de la GRU et du FSB, du MI 6, de la DGSE, et du Mossad !  

Mais qu'importe ! Leur objectif n'est pas d'informer, encore moins d'expliquer. Mais d'infecter de leur venin méphitique les béotiens et de souiller de leurs dégueulis putrides ceux qui critiquent leurs "reportages".
Comme ils ne reculent devant rien, ces pitres font même parler les morts ! "Témoignant" d'hostilités imaginaires d'une personne envers une autre pour la disqualifier, alors qu'elles s'entendaient plutôt bien et se respectaient.  Ou prétendant qu'un tel, avant de mourir, aurait "fait des aveux" infirmant les assertions de tel autre. Sans apporter le moindre commencement de preuve. Mais comment réfuter une accusation d'outre-tombe ?

Parfois, un bienheureux hasard fait qu'ils passent assez près de la réalité. Surtout quand ils extrapolent à partir de spéculations déjà avancées par des experts.
Mais quand même, comment prendre au sérieux ces oracles ?
Ils jappent tels des roquets lorsque l'on pose la moindre question. Et mordent comme des pitbulls enragés le moindre contradicteur qui se manifeste. Censurant et injuriant à tours de bras. Avec une agressivité virtuelle directement proportionnelle à leur pusillanimité dans la vraie vie.

Pour l'anecdote, j'ai proposé des visus à certains de ces énergumènes.
Qu'avaient-ils à craindre de moi ? Même si je traîne une réputation de bourlingueur justifiée par une jeunesse turbulente, aujourd'hui je suis un sexagénaire inoffensif. Pourtant, tous ont eu la trouille de me rencontrer dans la réalité. Moins par peur de se prendre des baffes qu'affolés à l'idée que je pourrais les observer, analyser leur parler et leur gestuelle, évaluer leur culture sevrée des copier-coller, et dévoiler des éléments significatifs de leur comportement qui ne seraient pas à leur avantage.

Etre percé à jour doit être leur pire cauchemar.
La comédie, le jeu de rôle, la posture factice qui s'effondrent... Quel drame ! Ce serait la fin de leur vie virtuelle. La seule qui vaille la peine d'être vécue.
Nul ne doit savoir quels individus médiocres ils sont, confits de frustrations,  perclus de refoulements, embaumés dans un mausolée de détestations rituelles. Trouvant dans une imprécation valorisante et des injures jubilatoires une dérisoire compensation à leur pauvre existence incolore et sans saveur.
En dépit de la technologie moderne, ces dénonciateurs-calomniateurs en pantoufles relèvent de la typologie intemporelle des corbeaux, des indics de basse police, des kapos et des auteurs de lettres anonymes.

 

Par christian navis
Voir les 0 commentaires
Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 14:47

monkeys

Lorsque des sites de journalistes "citoyens" ont éclos sur la toile, leurs promoteurs claironnaient leur détermination d'en finir avec tout ce qui rend les média main stream haïssables : copinages, connivences, censure et propagande, cécité sélective, excommunication des dissidents, subornation des témoins et subordination aux annonceurs. C'était leur raison d'être. Leur légitimité disaient-ils. Foutaises !

J'ai été modérateur de certains de ces sites, et associé à d'autres. Ce que j'en ai vu m'a définitivement dégoûté de ces hypocrisies enrobées de miévrerie participative.

La censure y fleurit sous la bienveillance affichée en faveur d'un pluralisme de midinette. Tous égaux mais il en est de plus égaux que d'autres s'ils flagornent les administrateurs. Franc-maçonneries, partis politiques, associations, engagements professionnels ou confessionnels régissent des hiérarchies occultes. Elles transparaissent à travers les passe-droits de certains et la sous-citoyenneté d'autres. Comme dans la vraie vie. C'est humain. L'odieux est de prétendre le contraire.

Des règles de bon sens et d'équité pour la publication d'articles s'affichent afin d'appâter et retenir un public sans lequel la publicité s'écroûlerait. Et malgré de juteuses redevances, comme il n'y a pas de petits profits, on sollicite sans vergogne la générosité des lecteurs.
En échange on en fait des électeurs, qui croient participer à la vie du site. Mais quand les pseudos multiples ne suffisent plus pour orienter les votes, des "bugs" opportuns permettent à certaines personnes ou certains thèmes d'émerger comme adoubés (ou rejetés) par la vox populi. Ainsi des  papiers originaux, obtenant un large quorum d'avis favorables n'ont jamais l'honneur de paraître, tandis que des tracts inattractifs majoritairement refusés passent sans coup férir. Mieux, ils se maintiennent plusieurs jours en tête de gondole selon des critères dont seuls les médiacrates ont le secret.

Sinon comment expliquer que dans un site-phare, la "citoyenneté" soit monopolisée par quatre rédacteurs privilégiés jouant le rôle de teasers pour booster l'audience. On les surnomme : l'énergumène, la fofolle, l'ignare et le niais. Leurs commensaux les identifieront sans peine. Les trois premiers sont d'anciens communistes, devenus gauchiste, trotszkyste et écolo. Le quatrième est tellement caricatural et versatile dans sa promotion des idées de droite qu'on croirait à un personnage virtuel façon robot assembleur de phrases. Détestez-les tant que vous voulez, mais surtout cliquez, c'est bon pour les annonceurs !

Lorsque Ben Laden a été éliminé, la plupart de ces sites si moyens se sont deshonorés en manipulant leur auditoire pour qu'il manifeste massivement  sa sympathie envers cet Iznogoud sanguinaire. Et hurle sa haine contre ces salauds d'Américains coupables de tous les dysfonctionnements planétaires.
Presque tous ces "analystes" s'apitoyant sur le triste sort du reclus d'Abbotabad étant, je tiens à le préciser, des Européens plutôt bobo, agnostiques et zélotes de la laïcité dans tous les cas de figure... Sauf un !
Les articles défendant une opinion différente ont fini aux oubliettes. Les posts en sens contraire sont allés directement à la poubelle. Une grande leçon de tolérance et de "citoyenneté"...

Avec l'élection présidentielle de 2012, les tribunes sont devenues des tribunaux. Des sous soviets décrétant, fustigeant, condamnant, excluant, insultant... Frénétiques mais toujours à sens unique !
Les thuriféraires d'un communisme ressuscité se sont arrogés tous les privilèges. Occuper presque entièrement l'espace de publication. Empêcher de paraître les articles ne leur convenant pas. Effacer les avis contestant leurs "vérités". Obtenir l'expulsion pure et simple de leurs contradicteurs les plus coriaces. La revanche virtuelle des vaincus macérant dans les vomissures de l'Histoire.

Mais tous ces média mitoyens des dictatures rouges ne se sont pas deshonorés de la même manière. A côté des sectaires dont l'hystérie frisait la dissonance cognitive, on a vu des patrons de cette nouvelle presse agir de façon plus habile. Jouant du tri sélectif comme leurs confrères institutionnels pour occulter ce qui les contrariait et conserver ce qui leur convenait.
Des articles en apparence "acceptables" traitant d'économie, d'équipements collectifs, de finance ou de faits sociaux ont disparu lorsque des debaters inattendus ont exprimé de "mauvaises pensées" lors de la discussion qui suivait.
Mais ce n'était pas de la censure. Pas de paranoïa ! L'élevage du ver à soie dans le Kashmir, la fin du monde  à la mode Maya ou la signification amoureuse du coquelicot sont des sujets bien plus intéressants, méritant la une. Ce n'est pas de notre faute s'il n'y a pas assez de place pour tout le monde !

A noter que ces gens intransigeants envers les mal-pensants sont très douillets et fort compatissants envers eux mêmes.
Ainsi on a pu voir des foudres révolutionnaires incitant à l'insurrection et menaçant de guerre civile si le peuple votait mal, venir s'épancher en longs sanglots parce que leur petit chat était passé sous une voiture, que leur grand-mère perdait la boule, ou qu'un(e) ex les avait largué ! De l'info de qualité devant passionner les foules dans leurs fantasmes égotistes.
Plus pitoyable encore : un de ces bravaches qui réunit quotidiennement 50 lecteurs clame à qui veut l'entendre qu'on le lit à l'Elysée. Et dans son délire mégalo, il entame des controverses (où il fait les questions et les réponses) avec les conseillers du Président ! Tandis que des papiers évoquant la croissance chez nos partenaires qui n'ont pas choisi l'euro, ou réclamant la rupture avec la BCE si elle refuse toute réforme, ou analysant les causes du vote "Mariniste" dans des campagnes où ne se pose aucun problème d'immigration ou d'insécurité, passent à la trappe.

On veut bien jouer aux apprentis bolcheviks mais pas touche à la doxa ! L'euro est une chance pour la France, quel manque d'imagination dans les formules ! Le nucléaire est le mal absolu, mais ne leur demandez pas par quoi on pourrait le remplacer. Aucune idée ! Quant au réchauffement climatique, il sera réglé par la décroissance, mais alors comment continuer à soulager toute la misère du monde ? Et la BCE est le rempart contre l'inflation, on doit l'accepter sans poser de questions. Tous ceux qui critiquent sont des "fascistes". Quant aux ruraux mécontents d'être privés des services publics les plus élémentaires, ce sont des "nazis" !

Et si encore, ces journalistes-amateurs étaient agréables à lire à défaut d'être supportables à vivre... Mais la plupart sont très scolaires. Lourds et ennuyeux. Pavloviens et psittaciques. Anciens profs en retraite ou animateurs sociaux en défaite, ils se croient mandatés pour éduquer le peuple. Et attendent une admiration sans borne de leurs "élèves".
Incapables de jauger et de croiser leurs sources, ces enquêteurs en pantoufles découvrent chaque jour dans l'écheveau de l'actualité la trame de nouveaux complots. Arrogants autant que fainéants, ils travaillent rarement leurs écrits. Convaincus de leur talent inné, ils se satisfont du premier jet, parfois sans se relire. Quant à habiller leurs textes d'accroches hardies et de formules impertinentes, ils doivent penser que cela nuirait au sérieux de la "leçon".  A moins qu'ils ne réalisent, lorsqu'ils s'essaient à l'exorde ou à l'emphase, que leur style vire au ridicule... Surtout quand ils s'imaginent que leurs marottes vont changer l'histoire du monde !

 

Par christian navis
Voir les 0 commentaires
Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 14:48

 

illusionsLes cyber mondes sont des univers imaginaires. C'est la première chose que l'on devrait avoir à l'esprit avant d'en parler. Ou de s'y exprimer.
Certes, ils possédent l'apparence de la réalité puisqu'on y évoque des sujets concrets, politiques, sociétaux, économiques, scientifiques... Ils ont même  le goût de la réalité, entre empoignades homériques et visus pour les plus téméraires.
Mais ce n'est pas la réalité ! 

Cet onirisme trompeur est pollué par deux facteurs aggravants relevant du narcissisme, cette surestimation du moi incitant à croire qu'on peut pontifier en tout domaine, sans risque d'être ridicule ou contredit. Puisque, dans le premier cas, on se sent protégé par son écran et son pseudo. Et dans le second, le culot de celui qui crie le plus fort, peut emporter la conviction des indifférents, des moutons de Panurge et des ignares.

Car le virtuel n'est pas vertueux. Ni sage ni savant. Encore moins infaillible.

La cyber culture exige un esprit critique affuté.  Certes avec la démocratisation du web, on aurait pu espérer une élévation du niveau général abîmé par l'usine à gaz de l'éducation nationale et pollué par la propagande de l'audiovisuel vassal. Tous ces musées, toutes ces bibliothèques, toutes ces publications savantes, tous ces amphis, tous ces sites historiques ou archéologiques mis à la portée du plus grand nombre d'un simple click... Tous ces universitaires, ces chercheurs, ces experts, ces ingénieurs, ces grands reporters disposés à partager bénévolement leurs savoirs... Autant de possibilités d'enrichissement et de dialogues constructifs, sans tomber forcément dans le cours magistral et l'argument d'autorité.
A-t-on seulement essayé ?
Oui, un peu au début quand le web, exigeant la maîtrise de quelques compétences n'était pas submergé par la démagogie flatteuse de la médiocrité. Pas pour glorifier l'élitisme. Bien au contraire, l'esprit frondeur inspirait des rhéteurs rétifs. Intransigeants sur leurs convictions mais respectueux de leurs contradicteurs. Une époque où le point Godwin était un deshonneur pour tout intervenant...

Aujourd'hui, le spectacle est consternant.
Sans vouloir abuser d'une ironie facile, voici quelques extravagances croquées sur le vif de forums "citoyens", et chaudement approuvées par les participants qui avaient la possibilité de voter pour ou contre.

En matière historique, des gens qui n'avaient aucune idée de la constitution de la république de Weimar pas plus que de la guerre civile espagnole m'ont soutenu que "Hitler comme Franco sont arrivés au pouvoir en gagnant les élections !"
Une rengaine qui permet les extrapolations les plus hasardeuses avec notre époque... Quant à la colonisation de l'Algérie, ils nient l'impératif de sécuriser le commerce maritime en Méditerranée et le fait qu'à l'époque la droite s'opposait à l'expansion coloniale exigée par la gauche ! Uchronie quand tu les tiens...

Authentique : j'ai même trouvé un ignare dogmatique clamant avec la vigueur ingénue des nigauds que la fin de la civilisation Maya avait été provoquée par des mouvements nationalistes. Comme en Europe ! Soutenu par de prétendus intellectuels qui croient que Friedrich Hayek est un cinéaste père de Selma. Tandis qu'ils téléportent le 10 Downing Street sur Pandora en confondant James et David Cameron. Futile mais révélateur d'une arrogante inculture qui s'affiche sans complexes grâce aux vertus de l'anonymat.

Dans le domaine scientifique, des cancres qui ne doivent guère avoir dépassé le niveau du brevet m'ont appris qu'après "l'explosion atomique" (sic) de Fukushima, le Japon allait disparaître... Une élucubration permettant d'appuyer l'antienne écolo sur la condamnation à mort du nucléaire civil. Sans se préoccuper de solutions de rechange. Monsieur Yaka et Madame Hiffo s'entendent comme larrons en foire...
Et je ne parle même pas des Américains qui provoquent des tremblements de terre et des tsunamis, font fondre les calottes polaires et réveillent les volcans grâce à une machine infernale orbitant dans l'espace.

Je passe sur les assertions plus anodines concernant la coexistence des hommes et des dinosaures.  L'adhésion aux thèses pararanormales sur la possibilité de plier les fourchettes d'un simple regard qui tue.
Les affirmations plus farfelues démontrant la collusion des gouvernements avec les extraterrestres. Les croyances plus factuelles sur les complots en France, en Amérique et en Afrique, emboîtés les uns dans les autres tels des poupées russes, et qu'il serait moins aisé de démontrer que de dénoncer.
Ou encore les pseudo-analyses très orientées faisant de l'Iran ou de la Syrie des démocraties exemplaires, et présentant les terroristes islamistes comme des pêcheurs de lune manipulés par les diablotins de l'Occident.

Le pire n'est pas que des originaux soutiennent de telles thèses - cela a toujours existé - mais qu'une bonne moitié des web addicts semble y croire dur comme fer.
Sans être capables du moindre esprit critique. Sans s'apercevoir (ou en refusant de voir ?) que des documents, des témoignages et des vidéos peuvent être truqués. Et qu'il est très facile d'abuser les robots de référencement grâce à de judicieux méta-tags assortis à d'astucieux liens hypertexte se confortant les uns les autres grâce à d'habiles croisements via des fermes de contenus. Le complot n'est pas toujours là où on le cherche !

En politique, c'est encore plus surréaliste. Les habitués d'Internet, j'entends ceux qui s'y expriment avec le plus d'assiduité et de véhémence et finissent par forger à l'usure une armure à leur avatar, paraissent encore plus déconnectés du monde extérieur. Surfant entre déni de réalité et dissonance cognitive, convaincus de détenir "la vérité !"

J'ignore à ce jour (5 avril 2012) quels seront les résultats des élections présidentielles, mais je prends le pari qu'ils ne correspondront pas vraiment aux préférences exprimées sur un site qui se dit "citoyen" comme Agoravox : 65 % des articles politiques (j'allais écrire prolifiques !) soutenus par autant d'intervenants sont mélenchonolâtres, 20% sont bayroutophiles, et 5% marinistes. Ce qui laisse 10 % pour les 7 autres candidats, ainsi répartis : Poutou 3%, Joly 3%, Hollande 2%, Arthaud 2 %, Cheminade et Sarkozy zéro.

Plus autiste tu meurs !  

 

Par christian navis
Voir les 0 commentaires
Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 16:16

urneLes journalistes citoyens ? Ni journalistes parce que, sauf exceptions, il n'ont jamais traqué l'info sensible sur le terrain. A leurs risques et périls cela va sans dire.
Ni citoyens parce que, partisans, il n'ont pas davantage dénoncé les travers, les abus et les arnaques des politiciens de leur bord.
Disons donc, dans le meilleur des cas, des éditorialistes engagés. Des commentateurs avisés. Des polémistes pertinents. Ce n'est déjà pas si mal !

Après la faillite des forums corsetés des providers au siècle dernier, puis au début du millénaire la déréliction d'Usenet naufragé dans ses guerres intestines, les web forums avaient suscité un grand intérêt. Vite déçu. Pas de leur faute d'ailleurs.
Mais les nouvelles lois liberticides pouvant envoyer en prison, ou pour le moins mettre sur la paille, un webmaster distrait ou négligent n'encourageaient guère à la promotion des libres propos. Sans parler là, comme ailleurs, de la foultitude de petits chefs cherchant dans le contrôle des opinions d'autrui une reconnaissance que la société leur refuse. Et qu'ils tiennent, les arrogants, pour la pire des injustices !

L'espoir d'un renouvellement, d'un souffle de liberté, d'une expression libérée après avoir été confisquée par les média main stream, était apparue alors avec le "journalisme citoyen".  Abus de langage ou illusion collective ? Expression bien galvaudée aujourd'hui, mais qui fit florès parce que le signifiant sonnait bien à l'oreille, porteur d'une ambition démesurée aux dimensions d'un fantasme gratifiant : plus besoin d'être expert en économie, en sociologie, en droit constitutionnel, en astrophysique ou en élevage de mérinos... Tout le monde pouvait s'improviser journaliste !

Puisque ceux de la télé ne débitaient que des conneries, les nôtres valaient bien les leurs ! Et au moins, loin d'être des marionnettes téléguidées comme eux, nous revendiquions notre état d'électrons libres ! Et c'est ainsi que, partant sur ces bases fragiles, le signifié a conduit à une surreprésentation mentale du "tout se vaut", "tout le monde est expert en tout" et "moins tu en sais, mieux tu en parles"... Aboutissant à ces articles extravagants où des bac moins 10 handicapés par un Q.I < 80 furent plébiscités au détriment de nobélisables. L'applaudimètre pour valider les nouveaux théorèmes quantiques !

Mais il y a bien pire que cette multiplication d'articles sans queue ni tête, sans fond ni bords,  renvoyant à des liens hypertexte se confortant mutuellement dans le sophisme, le syllogisme et la logomachie. Avec la palinodie pour échappatoire dans les cas extrêmes.

Tout pour le clic et le fric ! De nombreux sites qui s'étaient drapés dans le journalisme citoyen en guise d'étendard ont sombré corps et biens dans les travers qu'ils se plaisaient à dénoncer chez les média institutionnels : ligne politique rigide, copinages d'administrateurs, renvois d'ascenseurs entre modérateurs pour des publications médiocres et des démonstrations approximatives, esprit partisan, excès de zèle pour chasser ou faire mousser des imprécateurs selon leur côte de gueule...
Et surtout démagogie du clic pour le fric : par la promotion de pseudo enquêtes délirantes courant dans le sens du sensationnalisme et du complotisme ambiant afin d'attirer les gogos. Désinformation et inventions au menu. Misérables méthodes de tabloïdes cupides attisant les plus bas instincts de l'Homme. Assorties parfois des provocs des polémistes-maison pour faire monter la mayonnaise. N'importe quoi pourvu que les annonceurs en aient pour leur argent. Clic et clic et reclic !

Il est urgent d'inventer autre chose.
Des boards d'infos indépendants, ouverts à tous, différents de ces pseudo-sites journalistiques, copies des média traditionnels censurant à tout va les commentaires qui déplaisent à leurs satrapes.
Des tribunes cultivant le pluralisme et invitant de nouveaux talents à s'exprimer, tout en exigeant une certaine qualité d'écriture et d'originalité dans les sujets traités. Des articles de fond plutôt que de médiocres commentaires de l'actualité. Des opinions étayées plutôt que de la propagande. Des débats argumentés plutôt que des vomissoirs.

Des sites conscients que leur pérennité et leur rentabilité dépendent d'abord de leur crédibilité. Une valeur jamais acquise qui se construit jour après jour.
Force est de constater aujourd'hui qu'une éthique et une pratique sont à construire.

 

Par christian navis
Voir les 0 commentaires
Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 14:17

   

ordiIndépendamment de la source, et des manipulations éventuelles, la façon de communiquer fait le message.
Elle le structure, elle l’habille, elle le rend accessible sinon acceptable. Sur Internet comme sur tout autre média.
Dès lors, on peut se demander en quoi réside vraiment la spécificité numérique ?

Internet, usenet, blogospère, paradis des rumeurs ?
Comme dans un village naguère quand les "mauvaises langues" colportaient les pires ragots, repris avec une suave perversité par ceux qui y trouvaient quelque intérêt, la satisfaction d’une détestation inavouée ou encore, de façon plus grégaire, ne voulaient pas passer pour les derniers informés.

Je repense souvent à Marshall Mc Luhan.
Au début des sixties, il annonçait que nous avions quitté la galaxie Gutenberg (la fin du livre) pour la galaxie Marconi. Il y voyait ensuite la formation d’un village planétaire, où chacun tremperait bon gré mal gré dans la même bouillie culturelle, nourrie de références superficielles et de prêt-à-penser prégnant... Comme Marcuse avait observé auparavant, dans "l’homme unidimensionnel" que les modes et cadres de vie tendaient vers l’identique, d’un continent à un autre. Mort en 1980, Mac Luhan ne pouvait prévoir la galaxie silicium, mais ses observations sur le village planétaire y sont tout à fait transposables.

Pour Mac Luhan, le message ne peut plus se résumer à son contenu, dès lors qu’il n’est plus figé par l’imprimerie (les copistes d'antan se permettaient d’interpréter et de modifier...) Pire, devenu malléable, versatile, évolutif, l’information qu’il colporte a désormais tendance à ne plus être qu’un élément secondaire, le plus important étant la manière dont il est véhiculé et la forme dont il est délivré. Une prime aux sophismes, aux syllogismes et aux a-priori liés à la personnalité et aux intentions supposées de l'émetteur.

Plus la technique est rapide, et plus le message de départ aura tendance à être condensé, résumé donc mal ou pas argumenté, et factuel. Donc ni analysé sérieusement ni relativisé par rapport à d’autres infos, d’autres savoirs, d’autres sources... 

Plus il y aura de messages qui circulent et plus l’émetteur aura tendance, pour être entendu, à mettre l’accent sur le sensationnel, ce qui interpelle, ce qui trouble, ce qui indigne, ce qui secoue... En faisant appel aux plus bas instincts de l’homme. Ce que naguère dans la presse écrite on appelait les "accroches"... Mais à présent, l’accroche peut constituer 90% du corps du message sinon sa totalité ! On ne démontre plus, on affirme. La pensée binaire détestations-adorations tient lieu de code social d'appartenance. Providence des conformistes qui jouent aux rebelles autant que des fanatiques lobotomisés. Et balisage factice pour tous les indécis qui se cherchent une bannière.

Enfin, plus il y aura d’intermédiaires, plus de relais sur lesquels le message rebondira tel un ludion frénétique, plus le message sera altéré... Jusqu’à un point où il n’aura plus grand chose à voir avec l’info initiale, voire délivrera un contenu contraire.

Les dérives que Mac Luhan avait observées avec le téléphone, la radio, la télé, ont été élevées au carré dans ces mondes numériques où nous avons le vice de nous complaire.
Et là, notre cerveau endormi par la fausse sécurité d’un usage paisible de la machine dans un cadre familier, est-il capable d'analyser tous les hoax, de repousser toutes les suggestions subliminales, de mesurer l’étendue infinie des médisances ?
Peut-il gérer la totalité des propagandes enrobées de faux témoignages et réfuter cette pléiade de complots plus ou moins fantasmatiques, associés à tant de paranoïas délirantes, écume bouillonnante de manipulations économiques et politiques peut-être bien réelles ?
Est-ce un hasard si les théories du complot fleurissent à foison sur la toile ?
Tout est complot : l’homme n’est jamais allé sur la lune, les attentats du 11 septembre ont été commandités par le gouvernement américain associé à des nazis israéliens, qu'importe la vraisemblance... Les tremblements de terre de Haïti ont été provoqués par une machine infernale installée dans l'espace ou au fond de l'océan selon les versions... Le tsunami de Fukushima est en réalité une explosion atomique déguisée... Et les extra-terrestres sont parmi nous mais les puissances occultes nous cachent la vérité !

Pour Mc Luhan, l’outil de communication influence considérablement nos sens et conditionne notre cerveau au point de le faire fonctionner pour et par le support qu’il utilise. La fonction crée l'organe qui crée la fonction. Avec le risque d'être de simples récepteurs submergés par une quantité considérable de données  hétéroclites, perturbantes ou gratifiantes, que la grande majorité des gens n’a plus le temps, ni l’envie, ni la force de trier, analyser, décortiquer, critiquer. De la bouillie de prêt-à-penser prédigéré.
Mac Luhan donne l’exemple d’une étiquette de Château-Margaux qui, collée sur une bouteille contenant un vin moins prestigieux, pourra donner l’illusion d’une dégustation exceptionnelle. Il dit : "vous boirez l’étiquette !"

Tromperie des sens qui perdure malgré l’interactivité arrachant les cybernautes à la passivité collant à l’audiovisuel institutionnel comme un chewing gum résiduel à une semelle douteuse.

 

Par christian navis
Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus